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Acquisitions de sociétés de sécurité au Québec – Régis avait raison

Les acquisitions de sociétés de sécurité au Québec sont courantes depuis un an et requièrent de s’interroger sur les motivations derrière ces achats.

Cette semaine, l’acquisition de la société montréalaise Above Security par Hitachi Systems a surpris beaucoup de gens dans le domaine de la sécurité de l’information (SI) au Québec. Il faut se rappeler qu’un mois auparavant, la firme de Québec Agrm-PI avait dit « oui » pour un achat par Victrix. En peu de temps, c’est deux acquisitions de sociétés de SI qui se sont réalisées au Québec.

En lien avec le marché de la SI qui est en mouvance, j’ai publié un billet dans le blogue intitulé Marché de le sécurité au Québec vu par des gestionnaires d’entreprise. Soit dit en passant, ce billet fut très populaire et je vous le conseille de le lire si ce n’est pas déjà fait.

Un de mes collègues québécois avait lu cet article. Lorsqu’il a appris la nouvelle concernant l’achat d’Above Security, il m’a transmis le message suivant :

Tu es un devin d’avoir deviné qu’il y aurait d’autres acquisitions.

Toutefois, ce mérite ne me revient pas.

Régis avait raison

Dans l’entrevue réalisée sur le marché de la sécurité au Québec, c’est M. Régis Desmeules de TELUS Solutions de sécurité qui avait fait l’affirmation suivante:

Nous sommes dans un gros cycle de consolidation des entreprises de SI. […] Le marché de la SI au Québec a beaucoup changé au cours des derniers mois et il changera encore. […]

C’est ce dernier qui avait une bonne lecture du marché en prédisant d’autres acquisitions. Toutefois, la notion de cycle de consolidation qu’il mentionne m’incita à effectuer des recherches sur le sujet histoire de bien comprendre cette tendance.

Bonne période pour les acquisitions en SI

J’ai donc mis la main sur un livre intitulé Stratégique, 9ème édition qui fournis des réponses intéressantes. En lien avec l’affirmation de M. Desmeules sur le cycle de consolidation, les auteurs du livre (Gerry Johnson, Richard Whittington, Kevan Scholes et Frédéric Fréry) donnent l’explication suivante:

Les fusions et acquisitions sont un phénomène cyclique, constitué d’une alternance de pics et de creux. C’est ainsi que 2007 fut une année record, avec un montant cumulé de toutes les opérations dépassant les 6 600 milliards de dollars au niveau mondial, soit trois fois le montant du précédent creux en 2002. Avec la récession mondiale, le montant pour 2009 a chuté à 3600 milliards de dollars. Ces cycles sont la conséquence d’un excès d’optimisme de la part des dirigeants d’entreprise, des actionnaires et des banquiers pendant les phases de croissance, puis d’une défiance exagérée lors des phases de récession. De fait, au-delà des considérations stratégiques ou financières, les opérations de fusions et acquisitions peuvent suivre un effet de mode. En période de pic, les dirigeants doivent donc réellement s’interroger sur l’opportunité d’une opération de ce type, à un moment où les coûts d’acquisition – du fait de la loi de l’offre et de la demande – sont au plus haut.

Considérant que le domaine de la sécurité de l’information est dans un creux, on doit donc s’attendre possiblement à d’autres acquisitions.

Motivations pour faire des acquisitions

Les auteurs du livre expliquent bien les motivations des entreprises pour effectuer des acquisitions dans la présente période:

Les fusions et acquisitions peuvent être utilisées pour consolider la position d’une organisation au sein de son industrie. Rassembler deux concurrents peut ainsi avoir au moins trois effets bénéfiques. Premièrement, cela accroît le pouvoir de négociation en réduisant la concurrence, ce qui peut permettre à l’entreprise résultant de la fusion d’augmenter ses prix. Deuxièmement, la consolidation de deux concurrents peut se traduire par une meilleure efficience, grâce à la réduction de capacités devenues excédentaires ou au partage de certaines ressources, par exemple les frais de fonctionnement du siège ou les réseaux de distribution. Troisièmement, le surcroît de volume de production permet de bénéficier d’économies d’échelle et d’obtenir des coûts d’approvisionnement plus faibles.

Un autre extrait du livre décrit bien comment certaines entreprises bonifient leur inventaire de compétences histoire d’être plus compétitives:

Les fusions et acquisitions permettent enfin d’accroître les capacités d’une organisation. Des entreprises technologiques telles que Cisco ou Microsoft considèrent l’acquisition de start-up innovantes comme un élément essentiel de leur effort de recherche et développement. Plutôt que de concevoir des nouvelles technologies (NDLR: ou développer des nouvelles expertises) en interne, elles préfèrent souvent racheter les entreprises qui les ont déjà élaborées afin de les incorporer dans leur propre portefeuille de ressources et compétences. Les acquisitions sont souvent justifiées par des arguments liés à la capacité stratégique dans les industries en convergence.

Au final

Ce billet vient confirmer quelques affirmations effectuées sur le marché de la sécurité de l’information au Québec. Loin de moi l’idée de me lancer comme spécialiste dans les stratégies commerciales, mais c’est important de comprendre cette tendance d’acquisitions et de consolidation.

Référence: Gerry Johnson, Richard Whittington, Kevan Scholes et Frédéric Fréry, 2011, Stratégique, 9e éd., Pearson Education France

Photo: Pixabay

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